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AGRI NEWS MAI 2018

Actu du mois

L’UE interdit pour de bon trois néonicotinoïdes

L’avenir de la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame était en suspens depuis 2013, après une première évaluation négative de l’Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa). L’agence a confirmé son opinion fin février, une évaluation qui est venue soutenir la volonté de l’exécutif européen d’élargir l’interdiction. Celle-ci s’applique désormais à toutes les cultures en plein champ, avec pour seule exception les usages en serre, à condition que graines et plantes ne quittent pas leur abri fermé.

« La Commission avait proposé ces mesures il y a des mois, sur la base de l’avis scientifique de l’Efsa. La santé des abeilles a toujours une importance cruciale pour moi, puisque cela concerne la biodiversité, la production alimentaire et l’environnement », a réagi le commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire Vytenis Andriukaitis.

Une majorité qualifiée d’Etats membres (au moins 16 pays sur 28, représentant 65 % de la population) a apporté son soutien à la proposition de la Commission lors d’un comité d’experts réuni vendredi matin, a précisé l’exécutif européen dans un court communiqué. La France a voté en faveur de cette proposition. Au niveau national, elle avait déjà voté l’interdiction de tous les insecticides néonicotinoïdes pour le 1er septembre 2018, avec des dérogations possibles jusqu’en 2020. Se sont également prononcés en faveur de la Commission le Royaume-Uni, la Slovénie, l’Allemagne, Malte, l’Autriche, les Pays-Bas, la Suède, Chypre, le Luxembourg, l’Italie, l’Irlande, la Grèce, l’Estonie et l’Espagne. La Roumanie, la République tchèque, le Danemark et la Hongrie l’ont désapprouvée. Le Portugal, la Belgique, la Slovaquie, la Pologne, la Bulgarie, la Croatie, la Lettonie, la Lituanie et la Finlande se sont abstenus.

En 2013, l’UE avait déjà imposé des restrictions d’usage pour ces trois substances, contestées en justice par deux géants des produits phytosanitaires dont les produits sont directement concernés, le suisse Syngenta et l’allemand Bayer. Le moratoire partiel concernait les cultures qui attirent les abeilles (comme le maïs, le colza oléagineux ou le tournesol), sauf quelques exceptions. L’UE n’a donc pas attendu l’issue de cette procédure devant le Tribunal de l’UE, toujours en cours.

Le règlement va maintenant être adopté par la Commission européenne dans les semaines à venir et devenir applicable d’ici à la fin de l’année.

Actualités sociales, juridiques et fiscales

Baisse des défaillances d’entreprises agricoles au 1 trim 2018

Dans sa dernière étude sur les défaillances d’entreprises en France, le cabinet Altares a dénombré 337 défaillances d’entreprises dans le secteur agricole au 1er trimestre 2018, contre 407 en 2017, soit une baisse de 17,2 %. Ceci dit, compte tenu des variations saisonnières, il est encore trop tôt pour parler d’une inversion de tendance.

Le nombre de défaillances d’entreprises a reculé de 8,7 % au premier trimestre 2018 par rapport aux trois premiers mois de 2017. Selon le cabinet Altares, qui a publié jeudi 26 avril son étude trimestrielle sur la sinistralité des entreprises, le 1er trimestre 2018 est « le meilleur depuis 10 ans ». Début 2008, la sinistralité des entreprises augmentait de près de 5 % pour atteindre 14 000 défaillances. « Il aura en effet fallu attendre encore dix ans pour entrevoir la fin d’une longue période de récession », commente Altares.

Qu’en est-il du secteur agricole ? Selon les chiffres sectoriels du cabinet, le secteur agricole a enregistré 337 procédures de sauvegarde et judiciaires au 1er trimestre 2018, un chiffre en baisse de 17,2 % par rapport au 1er trimestre 2017. Les défaillances d’exploitations d’élevage sont en baisse de 21,4 % (132 défaillances recensées), celles d’exploitations de grandes cultures, de 6,8 % (150 cas dénombrés). C’est d’ailleurs le premier trimestre depuis des années que le nombre de défaillances est plus élevé dans le secteur des cultures que dans celui de l’élevage.

Au regard de l’historique trimestriel, il est encore prématuré de dire que le nombre de défaillances diminue dans le secteur agricole. D’autant que, pour les exploitations spécialisées en cultures, le nombre brut de liquidations judiciaires n’a pas baissé (66 liquidations début 2018 contre 64 début 2017). En revanche, en élevage, Altares recense 66 liquidations début 2018 contre 76 en 2017. Espérons néanmoins que la baisse globale de ce début 2018 par rapport à 2017 augure la fin d’un cycle.

Par ailleurs, l’étude globale du cabinet Altares met en exergue un point plutôt positif : l’agriculture est, de très loin, le secteur d’activité affichant le taux de liquidation judiciaire le plus faible par rapport au nombre total de défaillances. En cultures ou en élevage, les taux de liquidation sont respectivement de 44 % et 50 %. Autrement dit, la moitié des défaillances d’exploitations d’entreprises sont des procédures de liquidation judiciaire. Dans les autres secteurs, ce taux est d’au moins 61 % : 61 % pour l’industrie, 70 % pour les services aux entreprises et la construction, 76 % pour le commerce.

Source : Site internet d’Agrisalon / 27 Avril 2018

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